Crochet du gauche

La France est une bière sans alcool

Y a-t-il trop d’Antoine et d’Anaïs en France ?

Au premier janvier 2016, la France était peuplée de 66.627.062 fiers descendants des gaulois.

Un peu plus de 51 % de ces descendants de gaulois étaient des descendantes de gaulois. Ces descendantes de gaulois étaient un peu plus de 34 millions, dont un peu plus de 7 millions étaient âgées de plus de 65 ans. Si on rapporte donc le nombre de femmes de plus de 65 ans (7.171.263) à la population totale (66.627.062) on constate qu’elles représentaient 10,76 % de la population. Pour les besoins de cet article et des articles à venir, appelons ceci le taux de grand-mères. L’idée est de garder en tête que lorsque que l’on pense à une grandeur qui représente 10 % de la population, cela correspond à peu près à la population des « grand-mères ».

Selon le site magicmaman.com, s’appuyant sur les données du fichier des prénoms 2014 de l’INSEE, la France comptait en 2013 175.113 Antoine (dont 80 femmes) et 105.735 Anaïs (dont 3 hommes). Ces prénoms sont respectivement, toujours selon magicmaman.com, 28ème et 29ème dans le top 30 des prénoms. Supposons qu’autant d’Anaïs et d’Antoine sont nés entre 2013 et le 1er janvier 2016 que d’Anaïs et d’Antoine sont morts pendant cette même période, on peut considérer qu’il y avait, au premier janvier 2016, toujours autant d’Antoine et d’Anaïs en France. En rapportant ces contingents à la population globale nous obtenons donc, pour les besoins de l’article, un taux d’Antoine de 0,26 % et un taux d’Anaïs de 0,15 %. Une autre manière de se représenter cette grandeur est de considérer qu’en moyenne il faut rencontrer 385 descendants de gaulois pour en croiser un qui s’appelle Antoine et 667 descendants de gaulois pour en croiser une qui s’appelle Anaïs.

Enfin, intéressons-nous maintenant au nombre de gros cons. Si selon le Gorafi.com, 1 % des cons détiendraient à eux seuls plus de 50 % de la connerie mondiale, il est assez difficile de recenser précisément le nombre de gros cons. La Loi française ne permet pas, hélas, de construire des statistiques par niveau de connerie et ni l’INSEE, ni l’INED ne fournissent de données fiables sur le sujet. Si l’on suit l’adage selon lequel on est toujours le con de quelqu’un, alors 100 % de la population est composée de cons. Un tel taux nous paraît quelque peu excessif. Conotron.fr présente une étude relativement intéressante sur le sujet, mais utilise un concept du con légèrement différent de celui que nous souhaitons retenir ici. On pourrait également se fier à la citation célèbre qui nous apprend que les cons ça ose tout et que c’est à ça qu’on les reconnaît, mais en l’absence de données fiables sur le nombre de licenciés du jogging naturiste dans les orties, on ne serait pas plus avancé.

Il paraît à l’auteur de ces lignes que si le taux de cons est certainement nettement plus élevé, le taux de gros cons doit être inférieur au taux de grand-mères. Un tel postulat attirera peut-être l’ire et les ricanements de certains, mais nous prendrons, dans cet article, un parti-pris optimiste d’un taux de gros cons à 5 % de la population. Encore une fois le taux de cons est nettement supérieur parce qu’il intègre les petits cons, les sales cons, les cons, les un peu cons, etc… Mais ici, ce sont bien les gros cons qui nous intéressent.

On en conclut que si l’on considérait le village dans lequel a grandi l’auteur de ces lignes a grandi comme une petite France d’environ 3.000 habitants, il devrait compter, selon nos hypothèses : 300 grand-mères (indéniable), entre 7 et 8 Antoine (je n’en connais aucun), entre 4 et 5 Anaïs (j’en connais une) et 150 gros cons (je les connais tous).

Combien mon village doit-il accueillir de réfugiés ?

La France s’est engagée à accueillir 30.000 réfugiés syriens et irakiens en deux ans. Ce chiffre représente le tiers de notre population d’Anaïs, soit 0.045 % de la population globale. Dans mon village, nous devons donc accueillir entre 1 et 2 réfugiés. Mettons que le village voisin (même taille), dans un élan d’inconsciente générosité, accueille deux réfugiés. Il y a donc un réfugié dans mon village. C’est quatre à cinq fois moins que d’Anaïs, sept à huit fois moins que d’Antoine et 150 fois moins que de gros cons.

Prenons les choses autrement, si la France accueille 30.000 réfugiés, il faudra en moyenne croiser 2.222 descendants de gaulois avant de croiser un réfugié. J’invite les lecteurs de ces lignes à compter le nombre de personnes croisées dans la rue, au fil des jours. Tous les 2.222 français uniques, vous aurez croisé un réfugié.

Une autre manière encore de voir les choses est la suivante : chacun d’entre nous a 3,5 fois plus de chance de croiser une Anaïs dans la rue qu’un réfugié et près de 6 fois plus de chance de croiser un Antoine qu’un réfugié. Au demeurant nous croiserions, si la France accueillait 30.000 réfugiés, 239 fois plus de grand-mères et 111 fois plus de gros cons, que de réfugiés.

C’est beaucoup, c’est trop, c’est étouffant. La preuve, on n’a plus de place dans le métro et on doit faire la queue à l’épicerie du coin. C’est vrai que c’est gênant, ça sature nos infrastructures. Par exemple, si tous ces réfugiés décidaient d’aller au Stade de France un soir (par exemple pour un match de l’équipe de France), il ne resterait plus que 50.000 places pour les grand-mères, les Anaïs, les gros cons et les Antoine.

30.000 réfugiés à répartir dans un pays qui compte 36.600 communes, ça fait moins d’un réfugié par commune. Ce qui tombe bien : certaines n’ont pas d’infrastructure pour accueillir de nouveaux habitants et il est préférable de ne pas séparer les familles quand la guerre et la traversée d’un continent ne les ont pas encore séparées.

Et puis soyons francs, personne n’a envie de vivre dans certaines communes de notre pays. Par exemple, les habitants de ma commune considèrent que dans le village d’en face, de l’autre côté de l’autoroute, il n’y a « que des cons » (tout le monde s’accorde à dire qu’il y a quand même des cons chez nous, mais moins, ou alors ils sont moins cons, les opinions divergent). Dès lors il est vraisemblable que personne ne veuille aller vivre dans le village d’en face et que ses habitants actuels ne soient pas capable de comprendre pourquoi il est simplement humain d’accueillir et d’aider les gens quand ils sont dans la merde. Ce n’est pas grave, si dans mon village nous accueillons 3 réfugiés, il y aura toujours 1.000 descendants de gaulois par réfugié. Pour le grand remplacement, nous aurons deux secondes pour voir venir.

La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde…

C’est vrai, indéniable, du bon sens. D’ailleurs on ne nous le demande pas. Mais alors combien ? On se rend bien compte que 30.000 ce n’est, pour ainsi dire, rien. Pourrions-nous alors faire plus ?

Imaginons que la France décide d’accueillir 120.000 réfugiés, soit le nombre de réfugiés que l’Union européenne entière s’est engagée à accueillir suite à la guerre civile en Syrie et en Irak. Dans ce cas les réfugiés représenteraient 0,18 % de la population globale du pays. Il serait donc un peu plus nombreux que les Anaïs et il y aurait encore 30 % de réfugiés de moins en France qu’il n’y a d’Antoine.

Si la France accueillait 5 millions de réfugiés syriens (soit le nombre de syriens qui ont fui leur pays depuis le début du conflit), il y aurait encore, en France, plus de grand-mères que de réfugiés (2 millions de plus), mais il est vrai qu’il y aurait alors moins de gros cons que de réfugiés (on en est loin).

Heureusement que personne ne nous le demande, heureusement que ces charitables réfugiés restent à proximité de leur pays ravagé par la guerre, heureusement qu’ils ont la décence de mourir loin de chez nous. Rendez-vous compte, les hordes déferlantes… 120.000 réfugiés, sur 66.627.062… Il est évident que si 10.000 personnes se cotisent elles ne peuvent pas en aider 18, c’est du bon sens !

Et Calais dans tout ça ?

Ah oui, Calais… Les « migrants » qui sont déjà là : 10.000 personnes à Calais, soit 0,015 % de la population française. Les migrants de Calais sont 10 fois moins nombreux que les Anaïs de France. Ainsi, à chaque fois que vous croisez dans la rue 10 Anaïs, vous croisez en contrepartie un migrant de Calais (rappelez-vous tout de même qu’il vous faut croiser 630 personnes avant de croiser une Anaïs, qui est le 30ème prénom le plus populaire de France).

On organise des manifestations « ma commune sans migrant », on colle des affiches… Ça tombe bien, avec 36.600 communes, les 10.000 migrants de Calais peuvent être répartis à raison de moins d’un tiers de migrant par commune. Selon la convention qui veut que l’on ne découpe pas les migrants en trois avant de les reloger (convention dont je comprends qu’elle ne fait pas nécessairement consensus), cela signifie que si 27 % des communes françaises accueillent chacune un migrant, tous les migrants ont quitté Calais.

Considérons que pour des raisons d’infrastructures et de non séparation des familles on regroupe nos 10.000 migrants dans 10 % des communes françaises : il y aurait moins de 3 migrants par commune d’accueil et aucun migrant dans 90 % des communes de France. Quand on dénonce les « petits Calais », soyons conscient que l’on parle vraiment de « tout petits » Calais. Quand on s’oppose à la répartition des migrants de Calais, soyons conscients que l’on est tout simplement ridicule (ou très mauvais en mathématique) ou passablement intolérant, tout simplement.

Au total, il semble que…

Au total, si l’on répartit les 10.000 migrants de Calais et les 30.000 réfugiés syriens et irakiens que la France s’est engagée à accueillir sur 10 % des communes de France, on arrive au chiffre délirant de presque 11 migrants/réfugiés par commune d’accueil. Le problème insurmontable auquel la France fait face est donc de loger 11 personnes dans une commune sur dix.

Peut-on accueillir 11 personnes dans mon village en plus des 150 gros cons, des 300 grand-mères, des 5 Anaïs et des 8 Antoine ? Peut-on accueillir une équipe de foot (sans remplaçant) ? Peut-on accepter, à 3.000, d’aider 11 personnes ? Sommes-nous à ce point généreux ?… Hélas je ne sais pas…

Si l’on additionne les migrants de Calais et les réfugiés syriens et irakiens que la France s’est engagée à accueillir, on arrive à 40.000 personnes, soit 0,06 % de la population française. Cette vague représente moins de la moitié de notre taux d’Anaïs.

Si la France était une bouteille de bière et les réfugiés de l’alcool, la France serait une bière sans alcool. Elle resterait d’ailleurs une bière sans alcool si elle accueillait 20 fois plus de réfugiés. Je sais que l’alcool se consomme avec modération, mais ne m’emmerdez pas, on est jamais malade à cause d’une cuite à la bière sans alcool !

Fantassin, boxeur dans l’équipe de « C’est quoi la Gauche ».

 

Une réflexion au sujet de « La France est une bière sans alcool »

  1. « Peut-on accepter, à 3.000, d’aider 11 personnes ? »
    J’aurais dit « à 2850 » puisque les gros cons étant ce qu’ils sont, ça m’étonnerait qu’ils aient envie d’aider qui que ce soit.

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