Crochet du gauche

Le temps des clowns

L’élection de Donald Trump dans le plus grand pays du monde est celle de l’avènement d’un clown. Et les clowns ça fait peur. C’est une défaite de la politique dans sa vocation à défendre les plus faibles, promouvoir l’intérêt général et irriguer la société de perspectives de transformation sociale, sociétale. La politique doit permettre l’avènement du progrès et non le retour aux obscurantismes.

Donald Trump est à rebours de l’idée même de progrès. C’est un pitre xénophobe, islamophobe, misogyne, menteur et raciste. Mais malgré tout il vient d’être élu, sans le soutien de son parti, dans la plus grande démocratie du monde, en face d’une candidate réputée et suite à un processus de primaires où il a mis à terre tous ses rivaux.

Ce qui me dérange plus que tout dans le scénario qui vient de se dérouler c’est qu’il est dorénavant évident que la démocratie pour laquelle nous nous battons tous – dans le camp du progrès – ne nous épargne pas le pire. La démocratie en cette période trouble consacre la fin du politique et des hommes qui l’incarnent pour inaugurer l’épopée des clowns.

Le tremblement de terre survenu aux Etats Unis avec l’élection de Trump risque d’engendrer de terribles secousses chez nous. Le clown qui dirigera les Etats-Unis va constituer un catalyseur de cette marche vers le pouvoir des partis qui fondent leur succès sur la haine.

Marine Le Pen salue la victoire du milliardaire américain et va évidemment surfer sur la vague du candidat antisystème élu malgré la répulsion des médias, des intellectuels, des artistes… Cette victoire de Trump rend en effet l’impossible possible et permet de rendre l’hypothèse d’une victoire de l’extrême-droite plausible en France. La barrière symbolique a sauté. L’extrême-droite dans sa face la plus hideuse vient d’arriver au pouvoir dans le pays qui symbolise pour beaucoup le rêve, le progrès et l’image du Monde Libre.

Marine Le Pen est dans son rôle, celui de fantasmer un danger imaginaire pour la France notamment qui viendra des noirs, des musulmans, des immigrés, des gays, des amateurs de couscous du vendredi et de pancakes du dimanche matin. Mais que fera la droite dont une partie a cédé aux sirènes attrayantes de l’extrémisme ? Son flirt avec les thèmes les plus rétrogrades et les discours les plus nauséeux sera légitimé. Bientôt les inepties de Sarkozy sur les frites pour les enfants musulmans ou celles de Fillon sur la colonisation comme vectrice de partage de la culture française avec d’autres peuples peu ou pas civilisés seront remplacées par d’autres plus graves encore. Dans la course pour ressembler à l’extrême-droite, prôner la division et cultiver la haine entre les Français (notamment entre les musulmans et les autres) sera banal. Rien ne sera de trop. Aucun dérapage. Aucun mensonge. Aucun fantasme identitaire. Dans leur course aux suffrages fondée sur la démagogie, les clowns n’ont pas de limite. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

Saladin, artiste de cirque à « C’est quoi la Gauche ».

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