Réflexions

Europe, mon amour.

L’Europe, ah, l’Europe. Pauvre Europe. Triste Europe.

L’Europe, j’en ai toujours entendu parler de deux façons totalement opposées : c’est une idée novatrice, presque révolutionnaire, une sorte de maturité des peuples européens après des siècles de conflits et d’affrontements ininterrompus, ponctués par les deux guerres mondiales, où ces « civilisations » si éclairées et développées ont investi tout leur génie dans la destruction systématique de leurs voisins. Belle époque.

Mais l’Europe c’est aussi la première responsable de tous mes malheurs quotidiens, si j’en crois les « responsables » politiques de tout bord : les dangers du « plombier polonais » ; de cette « super administration qui décide de tout et impose sa volonté aux États » ; d’une entité politique incapable de peser dans les négociations internationales ; d’une « Union » qui n’en a que le nom, prête à se déchirer profondément à la première difficulté venue…

En somme, une belle idée, tout à fait utopique, qui fut corrompue à l’épreuve du temps et des hommes…

Où l’on prend les gens pour des cons

Ce qui est pratique avec ces deux visions de l’Europe, c’est qu’elles se complètent en fait l’une l’autre, permettant aux acteurs politiques d’être tantôt des européens – certains disent même européistes – convaincus (pendant le Brexit par exemple), et tantôt des europhobes absolus (à chaque campagne électorale nationale majeure). L’autre avantage de cette astuce, c’est de se dégager totalement des responsabilités : « l’anéantissement du rêve des pères fondateurs ? C’est pas notre faute ! » ; « Les règlements européens qui s’appliquent sur le sol national ? C’est pas nous, c’est l’Europe ! ».

J’ai beau être d’un cynisme certain dans mon quotidien, je ne cesse d’être épaté par cette capacité de tous à mettre sur le dos de l’Europe tous nos problèmes.

En football, quand on perd un match, le responsable c’est l’équipe, l’entraîneur, le club. Mais jamais l’arbitre. L’oublier, c’est fuir ses responsabilités. C’est trop facile. Si l’on veut absolument gagner le match, il faut que l’équipe joue sa partition et que celle d’en face ne contrarie pas nos plans. C’est aussi simple que ça.

Mais c’est malheureusement le jeu auquel les élus de tout bord se prêtent avec l’Europe depuis trop longtemps. Il ne faut pas s’étonner dès lors de voir les citoyens se détourner peu à peu de cette institution désincarnée dont on dit qu’elle est responsable de tous nos malheurs.

De l’intérêt d’une Union

Ma génération, celle qui est née après la chute du Mur de Berlin, celle qui a assisté sans trop comprendre à la chute des tours jumelles, a une vision un peu différente de l’Europe.

Celle d’un espace d’échanges, autour de différences culturelles, religieuses, historiques fortes, mais dépassables. Les commentateurs citent souvent le programme Erasmus comme étant l’un des vrais succès de l’Europe. Et ils n’ont pas tort. Ce programme d’échange permet de créer des ponts entre les citoyens des différents pays. Ce n’est évidemment pas une recette miracle, et il ne s’agit pas de dire que tous les jeunes passés par un échange Erasmus sont devenus des « européistes » convaincus.

Ce programme permet en revanche de prendre conscience de l’utilité d’une telle Union : resserrer les liens entre les citoyens de cette entité politique, favoriser la connaissance de ses voisins, et, à terme, travailler ensemble, main dans la main. Pas forcément aligner l’ensemble des législations et ignorer les particularismes des différentes nations. Bien au contraire, il s’agit précisément de mettre en place un système qui permette dans le même temps des bénéfices collectifs au niveau de l’Union, et individuels, au niveau de chacun des Etats, en matière sociale, économique, industrielle, fiscale, monétaire, diplomatique, militaire, sécuritaire, migratoire…

Au risque de passer pour un benêt qui rappelle des lieux communs, il est bon de redire que face à tant de sujets, l’Union fait la force. Évidemment, une Union ne va pas de soi. Elle ne se décrète pas. S’unir, surtout quand l’on a autant de différences, demande du travail. De l’investissement. De la volonté. C’est une ambition folle. Comment persuader des pays qui se sont affrontés pendant des siècles de trouver un modus operandi pour arriver à créer cette union ? Comment, surtout, arriver à associer les peuples dans cette construction ?

Ce projet fou, il ne tient qu’à nous, citoyens, de le mettre en place. De faire sortir l’Europe du gué dans lequel elle est aujourd’hui engoncée. Quitter l’Europe, ou au contraire accélérer sa construction, de façon concrète et juste. Il sera difficile de faire adhérer les citoyens des 27 pays européens en restant avec le fonctionnement actuel, perçu comme bureaucratique, inefficace et éloigné des réalités des peuples. Mais ce défi doit être relevé avec force et conviction.

René, Erasmus-boy à « C’est quoi la Gauche ».

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