Réflexions

Jeune meuf de Gauche recherche un politique mortel

Même si nous n’avons pas fondé “C’est quoi la gauche ?” en vue de la préparation des élections présidentielles et que nous avons l’ambition – folle – de réfléchir à plus long terme, observer les prémisses du débat électoral, d’abord pendant les primaires de la droite, et maintenant pendant la préparation des primaires de la gauche, m’a faitamenée à penserréfléchir à l’homme politique de mes rêves. Ou la femme politique, je ne veux pas que ce billet se transforme en une chanson de dessin animé ou de Diane Dufresne. En cette veille de Noël où tout est soit rose, soit bleu, dans les magasins de jouet, et où pas une seule femme n’est pour l’instant candidate à la primaire de la gauche (ah si, en fait, il y en a une,. S. Pinel a annoncé sa participation, Youhou !), l’homme politique est une personne politique. Ça y est, en tant que femme de gauche, je suis naturellement prise au piège du politiquement correct. C’est lourd à porter le déterminisme (encore un truc de gauche, merci papi Marx). Mais je m’égare.

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La personne politique de mes rêves, elle est de gauche (sinon, je n’écrirais ici), et elle revendique des valeurs de gauche, notamment celles que nous avons décrites ici.

La personne politique de mes rêves, elle dit ce qu’elle pense et elle fait ce qu’elle dit.

La personne politique de mes rêves, elle a compris que l’exemplarité était une nécessité.

La personne politique de mes rêves, elle inspire confiance et elle ne constitue pas un choix par défaut, elle n’est pas « la moins pire ».

La personne politique de mes rêves, elle ne surréagit au moindre bruissement de vent, pour transformer un non-évènement en phénomène national. La surréaction existe déjà sur les marchés financiers (je pense ici à la réaction suite aux tweets de D. Trump), il n’est pas nécessaire que les esprits animaux si chers à Keynes envahissent la sphère politique.

La personne politique de mes rêves, elle sait qu’elle ne peut pas tout, qu’il n’y a pas « d’homme providentiel ».

La personne politique de mes rêves, elle n’a pas besoin d’être une technicienne, une experte : il faut distinguer le Prince (ou la princesse, avec une robe couleur du temps, de lune ou de soleil) du conseiller au Prince.

La personne politique de mes rêves, elle recherche l’intérêt général, et non à satisfaire tout le monde (j’en ai déjà parlé ici).

La personne politique de mes rêves, elle ne prend pas les problèmes par le petit bout de la lorgnette, en espérant qu’une juxtaposition de mesures finira par avoir une cohérence d’ensemble, parce qu’elle sait que ce n’est pas possible.

La personne politique de mes rêves, elle ne vit pas dans une tour d’ivoire et elle est au contact des citoyens.

La personne politique de mes rêve, elle a construit un projet, elle a une idée de ce qu’elle veut pour son pays. Ce projet n’est pas une réponse à ce qui, selon elle, fera plaisir à l’électeur lambda et à l’homme de la rue, mais ce qu’elle juge bon pour le fonctionnement de la société.

La personne politique de mes rêves, elle n’a pas peur d’être face à la population et elle est prête à leur expliquer sa vision du monde.

La personne politique de mes rêves, elle est prête à renoncer à être élue si elle ne parvient pas à convaincre plutôt que de faire siennes des idées auxquelles elle ne croit pas pour arriver à ses fins. Elle ne veut pas “utiliser les gens bon grès, mal grès pour arriver sur la fin”. Ce n’est pas le style du roi Arthur (un autre Prince).

La personne politique de mes rêves, elle est pédagogue : comment, sinon, réussirait-elle à emporter l’adhésion ?

La personne politique de mes rêves ne peut donc pas être un clown (hein, Saladin ?) Un clown, ça fait peur. Un clown, c’est ridicule. Un clown, ça n’est pas cohérent. Un clown, ça n’a ni queue ni tête (c’est peut-être aussi pour cela qu’il fait peur). Et ça, à “c’est quoi la gauche ?”, on n’en veut pas. Et on pense que le monde se porterait mieux si personne n’en voulait. Mais je m’égare encore.

Mais est-ce que la personne politique de mes rêves, ça ne serait pas un prof, un prof qu’on se choisit ? Je ne dis évidemment pas que cela doit être son métier (être prof d’allemand n’a rendu personne meilleur politique). Je ne dis évidemment pas que le rapport homme politique/citoyen doit être le même que celui de prof/élève. Je ne dis évidemment pas que le rôle de la personne politique est d’apprendre quelque chose aux citoyens, parce qu’elle en saurait plus qu’eux.

Je dis simplement qu’un prof, un bon prof, c’est quelqu’un qui a un but pour ses élèves, qui a une idée de ce qu’il faut pour que la classe fonctionne bien. C’est quelqu’un qui ne peut pas tout : la réussite de sa classe ne dépend pas que de lui, il ne fait qu’y participer. C’est quelqu’un, enfin, qui est prêt à répéter, à expliquer, à convaincre, encore et encore.

La personne politique de mes rêves, elle doit faire preuve d’autant de pédagogie que le meilleur prof que j’ai eu en face de moi. Ou que celui que vous avez eu en face de vous, je suis prête à partager. Je suis de gauche je vous le rappelle….

Mary Hatch, meuf de gauche à « C’est quoi la Gauche ».

 

Et vous, elle est comment votre personne politique idéale ?

Dites nous ici à quoi elle ressemble (pas nécessairement qui c’est) et nous en parlerons avec plaisir.

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