OuPoPo

OuPoPo épisode 2 : le Général de Gauche

Salut, c’est Raymond, de retour pour vous parler d’Ouvroir de politique potentielle. Comme vous le savez, les gens de gauche aiment bien triturer les structures. Et quelle meilleure structure à triturer que le langage ?

Après l’épisode de la semaine dernière, je vous propose donc un nouvel exercice littéraire, qui cette fois-ci cherche à faire ressortir la beauté inhérente aux bons discours politiques. Appelons-le, parce qu’après tout, on fait ce qu’on veut, le « Général de Gauche », en l’honneur de qui vous savez.

Quel est donc le principe d’un « Général de Gauche » ? C’est très simple :

  1. prenez un bon discours politique, bien efficace et émouvant, d’un membre du camp adverse ;
  2. substituez un minimum de mots, pour lui faire dire des choses qui vont dans le sens de votre camp politique (des fois, seule une ou deux substitutions de mots suffisent) ;
  3. lisez ou déclamez le nouveau discours ainsi constitué, et appréciez la beauté de l’éloquence : la verve de cette personne politique fonctionne et émeut même en changeant l’orientation du texte…

Voici un exemple, tiré d’un célèbre discours du Général de Gaule. Il suffit, en l’occurrence, de substituer « Gauche » à « France », « socialistes » à « français » « partis » à « peuple » et « cause » à « pays ». Cela nous donne :

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la Gauche. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la Gauche, telle la princesse des contes, ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle.

J’ai d’instinct l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des socialistes, non au génie de la cause.

Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la Gauche n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que ses partis portent en eux-mêmes ; que notre cause, telle qu’elle est, parmi les autres, tels qu’elles sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la Gauche ne peut être la Gauche sans grandeur. »

Je sais pas vous, mais moi, ça me donne la larme à l’œil… J’adhère à tout, et je l’aurais volontiers inscrit en profession de foi du site. Ah, sacré Général de Gauche ! Un bon tribun…

Raymond Perec, ouvreur de politique potentielle à « C’est quoi la Gauche ».

 

cestvousoupopo

Vous voulez vous essayer à l’exercice ?

N’hésitez surtout pas, c’est à consommer sans modération. Et envoyez nous vos plus belles créations (pour nous écrire c’est ici) nous les publierons avec plaisir. En plus de votre création, vous n’avez qu’à indiquer le nom de la « contrainte » que vous appliquez (ou que vous venez d’inventer – dans ce cas merci de l’expliciter en quelques mots) et nous mettre un lien vers le texte d’origine. Nous nous occupons du reste.

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