Réflexions

Pour un réarmement idéologique

Huchu Fuchu a écrit ici sur le monopole du progressisme que la Gauche a dans notre pays. C’est indéniable, le choix de Fillon par la droite républicaine ne laisse la place à aucune ambiguïté : la droite a choisi son positionnement : réac sur les valeurs et libérales sur l’économie. Et nous ? Avoir le monopole du progressisme ne suffit pas. Il faut l’exercer et nous approprier le discours qui fut et reste le fondement de notre existence en tant que courant politique soucieux d’égalité et de justice sociale.

La gauche doit se préoccuper plus que les autres des pauvres, des travailleurs, des minorités persécutées, des réfugiés qui ont fui l’horreur dans leur pays…

Or, comment un courant politique qui fait de son ADN la défense acharnée des causes justes peut-il se retrouver dans un tel vide idéel, politique et programmatique ? Comment la gauche qui n’a gouverné avant 2012 qu’une seule fois dans la Vème République peut-elle se retrouver en état de mort cérébrale après seulement un mandat ?

La réponse est simple : on a tout fait sauf être de gauche. Quand la gauche s’ignore, elle n’est plus la gauche. Quand elle se compromet, elle (se) trahit. Quand elle se renie, elle tue toute capacité de transformation sociale et de libération des opprimés et des plus faibles qui sont le cœur de son électorat. Mais surtout la gauche n’a pas su cristalliser un espoir, celui-là qui procure la patience quand notre quotidien est difficile car au moins l’on est convaincu de la volonté de ceux qui gouvernent de changer la vie.

Le « Peuple de Gauche » a été trahi. Oui, le « Peuple de Gauche » n’est guère une expression anachronique, ni un abus de langage journalistique. La notion a du sens. Le peuple, c’est où bat le cœur de la Gauche. Hélas…

Que faire ?

M’enfin bon, nous sommes dans une crise de laquelle la Gauche héritée de Jaurès et du Front populaire ne sortira pas indemne. C’est cela qui est triste en réalité. Mais alors, que faire (salut camarade Lénine ! ) ? Oui, car après tout le constat est utile, mais il nous faut agir.

L’évocation des deux gauches irréconciliables en plus d’être vaine est contre-productive. En accentuant la division au sein de notre famille politique, nous ouvrons un boulevard à la droite la plus réac et la plus dangereuse que nous ayons connue (je me répète certes, mais j’insiste car elle est vraiment réac !). Au delà certes des divergences de lignes politiques et des courants internes entre par exemple la gauche radicale et la social-démocratie, il n’y a qu’une grande famille de gauche au fond, celle qui, armée des idées progressistes, fait face à la droite et à l’extrême-droite.

En plus de la division érigée par le pouvoir socialiste en moyen de gouvernance depuis 2012, entre frondeurs et légitimistes, la Gauche de gouvernement a été championne du renoncement et de la trahison de l’électorat et de ce « Peuple de Gauche » présent à la Bastille le 6 mai 2012.

Faire campagne et gagner à gauche, mais gouverner à droite fut le pari du pouvoir socialiste. Notre famille politique en sort sévèrement amochée et offre sur un plateau le scrutin de 2017 à la droite.

Mais, vous l’avez souvent lu ici, nous ne travaillons pas pour 2017 ni pour aucune autre échéance électorale immédiate. Notre ambition (si modeste) est de rompre le cycle d’abaissement de la Gauche et contribuer à son printemps des idées. Nous voulons réarmer la Gauche et lui permettre d’avoir les moyens de se tenir droit pour les batailles culturelles futures. Celles-ci sont liées à la réappropriation du discours émancipateur, la prise en compte des pauvres et des précaires et au culte de l’égalité et du progrès social.

La Gauche qui en a…

En somme, il s’agit de construire une « Gauche qui en a…des idées ! » qui sera prête à affronter cette droite qui est revenue à ses fondamentaux historiques. La « droite canal historique » fait peur et ce n’est pas une Gauche qui renonce à ses idéaux, empêtrée dans des combats d’ego, qui lui tiendra tête.

La Gauche ne fera pas l’économie de la production d’une vision du monde différente de celle qu’elle a offerte ces dernières années. Elle devra imaginer comment concrètement soigner les gens qui sont malades, permettre l’accès généralisée à une éducation de qualité au plus grand nombre, accueillir les réfugiés, rompre avec la stigmatisation des musulmans sans transiger sur la laïcité ni la primauté de la République sur tout le reste.

Ce travail de fond est urgent car hélas en 5 ans il n’a pas été mené et la Gauche est allée jusqu’à singer la droite et parfois même, notamment avec la déchéance de nationalité, à flirter avec de nauséeuses thèses historiquement d’extrême-droite.

Vision du monde, combat culturel, réarmement idéologique, tout ceci évidemment évoque une Gauche qui en a…des idées. Donc très loin des postures personnelles et des petites phrases à la petite semaine.

Saladin, trafiquant d’armes idéologiques pour « C’est quoi la Gauche ».

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