Crochet du gauche

Un Tour en France

« Fillon lâché ! François Fillon lâché ! Terrible défaillance, Laurent ». On aurait pu imaginer la voix sémillante de Thierry Adam sur les difficultés actuelles du candidat de la droite et du centre à la présidentielle. Enfin candidat seulement de la droite. Non en vrai d’une partie de la droite. On va y arriver…

Sur le Tour de France de la présidentielle 2017, le grandissime favori est en grande difficulté sur les étapes de montagne. Il avait quand même réussi à passer les Pyrénées sans difficultés mais les Alpes, me semble-t-il, lui seront fatales. Jusque-là le maillot jaune de l’équipe Sarthe-LR était sur un nuage, toutes les attaques de ses principaux concurrents n’ayant pu déstabiliser son train de sénateur vers Paris. Mais c’était sans compter avec une défaillance qui a, sur le Tour, souvent changé la donne. Sur cette grande étape du Mont Ventoux, le géant de Provence ce soir verra un nouveau leader du Tour.

Bon grimpeur de poche, austère et concentré, le leader de l’équipe Sarthe-LR doit faire avec un jour sans. Regard noir, tête basse, il est dans la forme des mauvais jours. C’est une image terrible qui celle du favori du Tour en danseuse, essayant péniblement de relancer sa machine, avec un grand braquet, tentant même parfois des coups non homologués sur ses adversaires, critiquant aussi auprès de son directeur sportif le règlement.  

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Mais que dire de son équipe pourtant au début du Tour jugée comme la meilleure sur le circuit du World Tour ? Ses lieutenants ont tenté de relancer leur leader plusieurs fois, mais à l’impossible nul n’est tenu.

Déjà lâché lors de l’étape Pau-Bagnières de Luchon, sur le Col du Tourmalet, son équipe avait levé le pied pour le ramener dans le groupe de tête. Encore sur le Col de Peyresourde, les coureurs de l’équipe Sarthe-LR ont attendu leur leader et l’ont déposé à l’arrivée dans un fauteuil.

Aujourd’hui, l’étape traversera deux difficultés avant la montée finale vers le géant de Provence. D’abord la Côte de Gordes ensuite le mythique Col des Trois Termes. Je vois mal comment François Fillon pourra résister et garder le maillot jaune. C’est mission impossible !

De grands champions ont aussi connu des désaveux de la part de cette vieille dame qu’est le Tour de France. De Coppi à Merckx, de Fignon à Hinault, ou encore d’Indurain à Basso. On se souvient de Lance Armstrong lâché par Contador dans la montée vers Verbier en 2009. Des années auparavant, l’américain chutait dans la montée vers Luz Ardiden, montrant ainsi d’évidents signes de fébrilité avant de se ressaisir et de remporter le Tour.

La légende du Tour s’est écrite avec de belles victoires. Je pense à celle de Richard Virenque à Morzine en 2003, de Pierre Rolland en 2012 ou de Romain Bardet en 2016. Mais elle s’écrit aussi à travers de terribles drames sportifs qui ont montré que le sport n’est jamais un récit écrit à l’avance, mais toujours une aventure humaine qui nécessite dépassement de soi, esprit de conquête, humilité et concentration jusqu’à la ligne d’arrivée.

Le Tour est terrible dans des moments pareils où un favori est lâché et perd tout espoir de finir la tête haute.

Je me souviens de Pantani, le regretté pirate, qui dépose le grandissime favori allemand Jan Ullrich en 1998 sur les lacets quasi liturgiques de l’Alpe d’Huez. Ullrich était venu gagnant, finalement il s’est contenté de perdre devant un italien survolté.

François Fillon risque de connaître le même destin avec des équipiers qui le lâchent, un directeur sportif qui lui retire sa confiance et des sponsors qui tournent le dos à un paria. Comme le dit Serge Armand, le cyclisme comme la politique est un sport individuel qui se court en équipe.

Mais le forcené de la Sarthe résistera-t-il à toute ces défections pour remporter la victoire finale ? On ne sait jamais. Mais enfin, il se passe quelque chose d’inédit sur le Tour : un maillot lâché par une partie de ses équipiers, dont le sprinteur qui porte le maillot blanc de meilleur jeune. Le leader de l’équipe Sarthe-LR n’est dorénavant appuyé que par quelques partenaires encore fidèles.

Mais malgré le climat tendu, le champion sarthois est en roue libre sur ces routes pluvieuses du Tour. Attention, une énième chute lui sera certainement fatale. Mais il peut aussi tenir et garder le maillot jaune jusqu’à Paris. Prévoir un scénario d’avance sur le Tour est un exercice bien périlleux. En 2009, Alberto Contador, malgré l’hostilité de sa propre équipe Astana, a réussi à s’imposer.

Saladin, commentateur sportif survolté à « C’est quoi la gauche ».

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