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Jouer collectif

La récente sortie des affaire (dont on aimerait bien se lasser) Fillon et Le Pen mettent en exergue de nombreux points sur la probité nécessaire d’un candidat se présentant à la « magistrature suprême », mais également sur l’état de santé de notre démocratie. Les questions et débats qui monopolisent l’attention depuis l’éclatement de ces « affaires » chez nos concitoyens mettent en avant une réelle contradiction : si l’homme (ou la femme, point de sexisme ici) sont attaqués, c’est pour nuire au programme de fond, parce que ce programme dérange.

Qu’on juge cet argument valide, fallacieux, ou malhonnête, il témoigne du fait qu’en France, dans le système actuel, un programme pour une élection présidentielle est tributaire…d’une seule personne. Sans verser dans une analyse anthropologique de bas étage, nous savons combien une femme (ou un homme, pas de sexisme ici) seule est imparfaite et a donc potentiellement commis des « erreurs » (pour reprendre cet euphémisme cher aux excuses de nos élus), voire des délits en 50 ans ou moins, pour les plus précoces, de vie politique.

Nul n’est parfait…

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Réunion de groupe à l’Assemblée Nationale.

Il faut se souvenir du nombre de candidats à la présidentielle qui ont été impliqués (et mis en examen) dans des « affaires » : Marine Le Pen et François Fillon, pour des présumés emplois fictifs de proches (famille et garde du corps) mais aussi du détournement de fonds publics. Nicolas Sarkozy, les affaires libyennes et de Bigmallion ayant subitement repris de la vigueur pendant la primaire de la Droite et du Centre. Alain Juppé, qui déclarait lors de cette même primaire non sans cynisme qu’« en matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir », après sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Dominique Strauss Kahn, à New York pour son agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, qui aura déclenché l’éclosion d’une série d’autres affaires du même ordre. Jacques Chirac et les emplois fictifs de la mairie de Paris (encore). On finit par en oublier, tellement il y en a. Et encore ne sommes-nous pas entrés dans le détail des casiers judiciaires et mises en examen des ministres, députés, élus et autres soutiens de ces candidats.

Ce qui nous intéresse dans cet article n’est pas la probité des candidats, redisons-le. Il s’agit de trouver des solutions pour « sécuriser » le programme de ces candidats et ainsi empêcher une hypothétique « prise en otage » (un abus de langage pénible, tout comme lorsque certains usent et abuse du terme « d’assassinat politique ») de ce même programme en cas d’aventures judiciaires inopinées du côté du candidat portant le programme.

Chez « C’est quoi la gauche? » nous plaidons pour un débat démocratique vif, sur le fond des idées. Toute notre initiative vise d’ailleurs en premier lieu à restaurer, à Gauche, le fond des convictions que nous portons, pour mieux les défendre et mieux convaincre.

Le système des primaires (à Droite comme Gauche) a permis aux électeurs de faire émerger un programme et un candidat. En face ou à côté des grands partis de Gouvernement, tant Mélenchon que Macron ou Le Pen ont misé sur leur personne comme étant la plus indiquée pour porter le programme qui se construit autour d’eux. On voit bien ici l’impasse potentielle en cas de déclenchement d’une « affaire » : l’ensemble d’un camp peut se retrouver sans son « leader » pour l’élection, et ainsi priver son camp d’une représentation.

Dans le cas Fillon, on a bien vu l’appel par de nombreux cadres de la Droite et du Centre à faire porter le programme retenu, amendé, par un autre candidat. C’est malheureusement, par crainte du résultat, le passage en force et la négation de la gravité des faits qui ont été retenus. D’autant que le choix d’un « plan B » réveillait les appétits de tous et la guerre des ego. Incapable de se sacrifier pour le bien commun, les ténors de la Droite et du Centre ont préféré sacrifier leur parole, parfois leur honneur et souvent la vérité, pour maintenir un candidat dans la tourmente.

Sauvons les programmes !

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Candidats aux législatives décidés à faire triompher leurs idées au péril de leurs sièges

Pourquoi ne pas plutôt envisager un système où les primaires permettent aux sympathisants de se prononcer sur un programme, porté par plusieurs personnalités (disons deux à trois, pour ne pas être trop gourmand) qui permette ainsi au « chef de file » de se mettre en retrait en cas de procédure judiciaire à son encontre, et ainsi passer le relais à la personne suivante? Ce système permettrait à la justice de faire son travail sans se retrouver au milieu de polémiques sur sa légitimité, à chaque camp de s’assurer que ses idées sont défendues et aux candidats incriminés de pouvoir se consacrer à leur défense. Après tout, le « presidential ticket » américain, alliant un Président et un Vice-Président, permet aussi une succession automatique et dans la transparence en cas de problème.

Évidemment cela n’est possible qu’avant le dépôt des parrainages devant le conseil constitutionnel. Mais une telle méthode permettrait probablement d’avoir une précampagne plus apaisée et davantage centrée sur le fond.

Mais cela suppose surtout de laisser les ego de côté… Jouer collectif n’est pas évident, mais c’est la première des conditions pour garder une démocratie vivante. On dit ça, on dit rien…

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Responsables de premier du Parti œuvrant de concert pour attraper le ballon de la présidentielle.

René, idéaliste pas encore mis en examen à « C’est quoi la gauche? ».

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