Réflexions

Bamboula aime les pains au chocolat

Nous n’aimons pas être pris pour des cons, personne n’aime vraiment ça d’ailleurs, et nous pensons que beaucoup de nos « dirigeants » apathiques se bercent tranquillement de l’idée que nous allons nous laisser prendre pour des cons encore longtemps. Et d’autres, d’une espèce encore plus méprisable, nous prennent pour des cons en espérant devenir nos dirigeants.

Aujourd’hui c’est sur cette race particulière de haine qu’est le racisme que l’on va s’arrêter un instant, parce que depuis quelques temps sur ce sujet, on nous prend pour des cons.

Et oui, Saladin en a déjà parlé ici, mais nous en parlerons, tous, lui, Mary, René et les autres, tant que le sujet sera d’actualité ! Voici donc un propos en trois actes, faute de comédie musicale (mais si vous en voulez une sur le sujet, vous pouvez aller voir ceci).

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Publicité bien pensante.

Acte Ier : Le racisme est un et indivisible

On entend, dans les média et sur les internets, des débats sans fin sur « les racismes ». Quand on s’indigne qu’un homme meure noyé sous les rires et les insultes des passants, on se dit que l’on n’est pas très « clivant », ce pourrait être une indignation consensuelle.

Un homme est mort, personne ne l’a aidé. L’eau du canal s’est lentement infiltrée dans ses poumons, elle y a remplacé l’oxygène source de vie pour l’entraîner vers le fond, dans la froideur de la mort. Et pendant ce temps ses semblables, d’autres hommes, ont regardé, en filmant avec leur téléphone… Imagine-t-on le bon samaritain poster la vidéo de l’homme mourant sur Facebook (Luc 10 : 25-37) ? Le bon samaritain non, mais d’autres, oui, Jésus en parle : ce sont le prêtre et le lévite…

On pourrait donc penser qu’une telle indignation soit universelle et pourtant… Et pourtant, comme pour couvrir le glapissement sinistre de l’eau du canal qui remplit les poumons d’un homme qui meurt, une musique se lève. Sur cette musique, il y a des paroles : « pourquoi vous indignez-vous du racisme de ceux qui n’ont pas sauvé un homme noir ? » ; « Pourquoi vous indignez-vous du racisme de ces hommes alors que vous ne vous indignez pas du racisme des hommes qui méprisent les hommes blancs ? »

Nous tenons ici solennellement à rassurer tout le monde, nous ne sommes pas raciste dans notre anti-racisme. Quand je croise un raciste, je lui crache à la figure, qu’il s’appelle Jean-Michel, Jean-Marie, José, Joshua, Jorick, Abdallah, Rudolf, Levi, Donald ou Bamboula. Il n’y a aucune discrimination à faire entre des racistes, parce qu’ils appartiennent tous à la même église, parce qu’ils servent tous le même dieu, qui s’appelle le racisme !

Le racisme anti-blanc existe, il se nomme racisme, comme son frère de couleur le racisme anti-noir. Et oui messieurs, et oui mesdames, il n’y a qu’un racisme. S’indigner des insultes subies par un homme pour sa couleur de peau, quelle qu’elle soit, c’est s’indigner contre toutes les insultes proférées contre tous les hommes de toutes les couleurs de peau du fait de leur couleur de peau.

Distinguer entre « des racismes » est une forme d’arnaque intellectuelle de bas étage. Il n’y a pas « des racismes », il n’y en a pas de plus ou moins acceptables. Le racisme, c’est du racisme. Celui des bourreaux, celui des victimes, celui de « c’est lui qui a commencé », celui du « j’étais là avant », celui du prétendu gaulois de souche, celui du musulman soi-disant plus pur que les autres, celui du descendant d’immigré italien… La seule vérité, et tout le monde le sait bien en réalité, c’est que mépriser quelqu’un pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait est débile. Voilà, c’est tout.

Acte II : comme les chaudières, le racisme a un thermostat

Nous dénonçons souvent ici (voir ) le « raisonnement par catégories » et, soyez rassurés, pas question de dire que tous les actes racistes se valent. S’il n’y a aucune différence de nature au sein du racisme en fonction de sa cible, il y a bien entendu des différences de degré entre les actes racistes.

Je pense avoir eu une expérience personnelle du racisme « basse température ». J’ai dû, au cours de mes études supérieures, quitter la contrée qui m’a vu naître et où j’ai grandi. Je me suis installé à « Loin ». J’ai trouvé qu’à « Loin » il faisait froid, que les gens avaient une mentalité, un vocabulaire et des habitudes étranges.

Les habitants de « Loin » se sont moqués de mon accent. Dès que j’ouvrais la bouche, les sourire et les réflexions : « ça me rappelle les vacances », « quand tu parles on entend le soleil »… Le français est ma langue maternelle. Certes certaines de mes expressions sont plus répandues « ChezMoi » qu’à « Loin », mais elles appartiennent à la langue de Molière et de Senghor. Il y avait pourtant dans ma voix un peu de soleil qui faisait rire et qui « ne faisait pas sérieux ».

Je ne parle même pas des préjugés sur les gens de « ChezMoi ». La plupart était « affectueux » si l’on peut dire : gouailleurs et glandeurs, bourrins et bourrus. Des clichés avec lesquels je joue moi-même. Mais vous savez, je me les sers avec assez de verve… Et puis ils sont prompts à se durcir : fainéants, profiteurs, resquilleurs, voire franchement voleurs…

Je n’en suis pas mort, je n’en ai même jamais pleuré. Il faut dire que j’étais déjà fort en arrivant et que je suis un sale gosse, l’adversité me durcit le cuir. J’ai retourné les remarques contre ceux qui les faisaient, j’ai moqué le moqueur et ridiculisé le persifleur, en bref, j’ai mis les rieurs de mon côté et me suis intégré à « Loin ».

Il faut dire aussi que personne ne m’a jamais tabassé, que tout ceci était objectivement plus bête que méchant, et que l’on ne m’a pas jeté dans la Seine. Tout ceci donc n’était pas bien grave, mais c’était moche.

Il n’y a pas de hiérarchie entre les cibles du racisme, il n’y a pas « des » racismes : « sale bamboula » ou « sale toubab », « sale youpin » ou « sale boche », c’est la même chose. Il n’y a qu’un racisme et il a une sale gueule. Et s’insurger contre le fait qu’on agresse un maghrébin dans la rue parce qu’il est maghrébin c’est aussi s’insurger contre le fait que des islamistes réduisent en esclavages des jeunes filles chrétiennes. En un seul geste on dénonce tous les bourreaux et on défend toutes les victimes.

En revanche, il y a des degrés dans le racisme. Théoriser son racisme dans un délire pseudo-scientifique menant à mesurer des crânes et peser des cerveaux témoigne d’un degré de racisme salement avancé, sans doute incurable. A côté de ça les remarques des habitants de « Loin » sur mon accent, c’est du pipi de chat (je rappelle quand même que le pipi de chat laisse une odeur particulièrement désagréable et fort persistante). De même, ces remarques étaient clairement moins graves que ne peuvent l’être les déclarations d’un tribun minables qui, en se présentant aux suffrages, débite sa haine dans un micro. Celui-ci fait preuve de la pire espèce de morale du salopard, en comptant sur l’apathie et la misère des autres pour le faire élire. Le combat à mener contre ce type-là ne doit pas être confondu avec la discussion à avoir avec les gens qui l’écoutent ou votent pour lui.

Il faut percevoir ces nuances, pour répondre efficacement aux agressions. S’il n’y a qu’un racisme, il y a des actes racistes et si on a comme programme de ne pas raisonner par catégories (idiotes), on doit avoir comme règle d’avoir une réaction spécifique à chaque degré de racisme, nous en reparlerons.

Acte III : juste pour rire !

Et l’humour alors ? On peut quand même se marrer, non ? Franchement les intello-gauchistes vous faites chier !..

Et bien rassurez-vous, pas de problème avec l’humour. L’humour n’est pas du racisme, même quand il utilise le racisme. L’humour, c’est de l’humour. Il y aurait d’ailleurs mille exemples à citer pour montrer comment le cliché peut servir l’humour et comment l’humour dénonce le cliché même en l’utilisant, mais ce sera pour une autre fois.

Et on peut rire de tout, c’est un problème réglé (et brillamment) par de nombreux brillants spécialistes.

Ouf, enfin un problème réglé. Mais attention, l’humour, c’est drôle… Le but de l’humour, ça doit être de faire rire. Alors si c’est drôle, pas de souci, allez-y. Mais ne me prenez pas pour un con : il y a des mecs pas drôles qui font semblant de faire des blagues pour faire des meetings et ça…ce n’est pas drôle !

Fantassin, fournisseur de viennoiserie pour l’équipe de « C’est quoi la Gauche ».

 

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