Réflexions

Gauche d’hier, Gauche d’après !

Fidèle à notre engagement dès le lancement de ce blog, je réitère que nous ne travaillons ni pour 2017 ni pour aucun candidat, mais nous avons la conviction que la gauche ne doit pas se résoudre à mourir.

Même si je n’accorde que peu de crédit aux sondages qui, on l’a vu très souvent ces dernières années, ne conditionnent aucunement l’issue d’une élection, j’y jette quand même de temps à autre un coup d’œil. Les candidats de gauche ne sont pas donnés qualifiés au second tour de la présidentielle. Bien sûr, que la gauche perde le pouvoir et retourne dans l’opposition divisée et déboussolée comme jamais auparavant me rend triste. Surtout que le logiciel de la gauche de gouvernement issu du congrès tenu par le Parti socialiste à Epinay, en 1971, est à l’agonie. Mais dans cette perspective sombre, cette élection a tout de même un avantage idéologique et programmatique fort pour la gauche même si électoralement une victoire est compromise – encore une fois attention aux enquêtes d’opinion.

Une photographie d’Audrey Aït Kheddache.

2017 est un moment fondamental de rupture et de transformation pour et au sein de la gauche. Les défections et les trahisons notées au profit du « ni gauche ni droite » constituent un marqueur fort de ce que sera la gauche de ces prochaines années. La gauche dépouillée de ses appendices libéraux pourra enfin se re-construire et rompre le cycle d’agonie hégémonique et idéologique enclenché au congrès de Rennes de 1990.

Après le manque de respect du verdict de la primaire de la « belle alliance populaire » (BAL), évidemment la tendance à la colère et à la déception est normale voire salutaire. La violation de l’engagement sur l’honneur et le non respect de la parole publique participent au renforcement de l’extrême-droite qui fleurit sur les terres douteuses de la dénonciation du « système ». Mais cette redistribution des cartes à gauche est un moment crucial pour enfin construire un parti qui n’a pas honte d’être de gauche et qui épouse les contours de la société de demain.

Car la reconstruction de la gauche ne se fera pas avec des personnes uniquement. Les querelles de personnes et de leadership ont d’ailleurs miné depuis des décennies les formations de gauche, fragilisé leur socle et empêché le travail nécessaire de formulation des idées. La gauche se renouvellera sur le fond, les idées et le courage de les assumer et de les porter auprès notamment des pans entiers du peuple de gauche qui se sont détournés d’elle pour d’autres cieux. `

Un dessin de Ludwick Hernandez.

Cette élection présidentielle et la période qui suivra sont un prétexte pour défricher de nouvelles terres de rêve pour la gauche, par le travail des idées, le combat culturel et la quête de l’hégémonie auprès de nos concitoyens.

Il s’agit de cette « gauche qui en a » chère aux camarades de « C’est quoi la gauche ». D’ailleurs, il ne faut pas se tromper : le débat à la primaire de la BAL a montré les lignes de fracture entre deux conceptions du socialisme. L’une qui cherche à imposer le statut quo et les méthodes d’hier qui ont souvent échoué et mis la gauche dans un état peu enviable. Et l’autre qui fait le culte de l’inventivité, de l’imagination, du courage et de la recherche de solutions à proposer dans un monde qui est en constant changement.

Évidemment, nous nous sentons proches de cette dernière qui innove et n’hésite pas à bouleverser les lignes au risque de bousculer le camp du sur-place. Nous nous retrouvons dans cette gauche qui ne flirte pas avec les thèses identitaires au nom d’une prétendue défense de la République. Nous approuvons le travail de cette gauche qui ne cherche pas à rattraper l’extrême-droite en utilisant son discours nauséeux qui depuis 40 ans ne cherche qu’à diviser les Français entre eux.

Une photographie d’Ary.

Cette gauche pose de vrais débats qui vont impérativement irriguer l’espace public ces prochaines années. Le revenu universel sur lequel nous nous sommes exprimés ici, la dépénalisation du cannabis, la 6ème république, le 49.3 citoyen sont des propositions sur lesquelles on peut ne pas être d’accord totalement, mais au moins sur lesquelles un nouvel horizon de gauche s’ouvre pour ne pas se limiter à une gauche qui singe la droite sans peur de perdre son âme et ses valeurs.

C’est dans la construction de sens et dans l’identification combats futurs et de comment les remporter que se situe toute la pertinence de la gauche d’après. Et nous serons de ce travail titanesque mais ô combien utile et nécessaire.

Saladin, prescripteur d’optimisme à « C’est quoi la gauche ».

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