Crochet du gauche

La Flemme…

Contrairement à ce que pourrait laisser penser ce titre accrocheur, aujourd’hui nous n’allons pas vous parler du fait que Jupiter, du haut de l’Acropole, nous a tous traité de fainéants. Nous n’allons pas vous parler non plus de ce que nous pensons du travail et de sa valeur ou de son statut de valeur.

Aujourd’hui l’équipe de « C’est Quoi La Gauche » veut vous parler de ce sentiment étrange qui s’est emparé de certains dans notre entourage et, à vrai dire, de certains d’entre nous : la lassitude vis-à-vis de la politique.

Oui, il faut oser le dire, après une campagne longue et éreintante, on en a marre de la politique. Avouons-le, la France a envie de s’en foutre. Et après tout, pourquoi s’en priverait-elle ? Elle a des raisons de vouloir se reposer.

La campagne a commencé il y a plus d’un an et a vu se succéder une série ubuesque de prétendants déjà élus et de rebondissements improbables…

…pour se terminer par le sacre de Jupiter devant la pyramide du Louvre (ça a quand même une autre gueule que le Trocadéro !).

ça a quand même une autre gueule que le Trocadéro !

Et puis de quoi on se plaint, on a évité le pire non ?

Danse de la pluie, version France 2017

Repose-toi donc, charmante Elvire, le péril est passé et tu as gagné le droit de te rendormir un peu.

Jamais contents…

Ici, à « C’est Quoi La Gauche » nous avons un peu de mal à nous résoudre à cet état de veille que l’on nous propose. Il nous semble tout d’abord que l’on a encore le droit de gueuler dans ce beau pays qui est le nôtre et que l’on peut s’opposer à bien des propositions jupitériennes sans être ni un fainéant, ni un extrémiste. Mais c’est une autre histoire.

Il nous semble ensuite, surtout, qu’il reste du travail à faire et que la bataille des idées n’est pas terminée. Nous avons peut-être tort, mais nous ne croyons pas à la résolution des débats par le vide et l’asséchement. Nous ne croyons pas que les solutions « techniques » et « pragmatiques » règlent tout. Il nous semble qu’avant de se poser la question de comment aller quelque part, il faut se poser la question d’où l’on va. Et les directions prises par le capitaine actuel ne sont pas toutes des destinations de rêve pour nous !

Néanmoins la saison a passé, les prochaines élections sont lointaines et nous comprenons bien que pour beaucoup le visionnage intensif de débats politique est passé de mode.

Ces photos de famille d’avant le dîner où on est obligé de poser avec les cousins bizarres qu’on aime pas…

Il nous semble néanmoins fort dommage (et fort risqué) de s’endormir jusqu’à la prochaine session de désignation du prétendant au gouvernail.

Peut-être Jupiter, usant de sa foudre et de sa puissance, guérira le pays en 5 ans.

Peut-être que dans 5 ans plus personne ne dormira dans la rue. Peut-être que dans 5 ans la croissance sera repartie comme au temps du Plan quinquennal mais que cette fois elle sera verte et respectueuse de nos ressources. Peut-être que dans 5 ans plus personne n’aura besoin de balancer son porc. Peut-être, peut-être… Espérons le même.

On peut l’espérer, sincèrement, pour le pays, la planète et surtout pour tous ceux et toutes celles dont la vie serait meilleure. Mais il nous semble que rester les bras ballants n’est pas le meilleur moyen d’y parvenir. Nous pensons d’ailleurs que la confiance aveugle dans les Dieux, fussent-ils antiques, n’est pas la bonne solution pour changer la vie et il nous semble plus sûr de prendre son destin en main.

Il y a fort à craindre par ailleurs qu’une crise d’apathie généralisée aurait pour effet de masquer les angoisses et les fractures qui continuent de déchirer le pays et de nous refaire vivre, dans 5 ans, une élection-sketch à la fois périlleuse et absurde. Les raisons pour lesquelles le pays était partagé en quatre blocs presque irréconciliables il y a moins de 6 mois n’ont pas disparues comme par magie : la misère sociale, le désespoir et la haine ne se sont pas évaporés en quelques jours.

Or, pour des raisons conjoncturelles liées à la lassitude vis-à-vis d’une saison trop longue et trop épuisante ; et des raisons structurelles liées à l’ADN technocratique de La République En Marche, il-y-a une tendance, au joyeux royaume de Macronie, à vouloir penser que ne pas exprimer les désaccords revient à les dissoudre. C’est d’ailleurs le propre de la solution technicienne : la technique ne souffre pas le dissensus et il est inutile d’en débattre, le choses marchent ou ne marchent pas (mais nous y reviendrons un jour).

Cette tendance vient renforcer, voire encourager notre apathie. Mais tout ceci nous fait courir un risque : celui de n’exorciser aucun de nos démons et de les voir venir nos posséder à nouveau dans 5 ans. S’il est parfaitement normal d’en avoir marre de la politique « en campagne » dont nous avons largement eu notre dose, il nous semble naïf et dangereux de croire que nous sommes guéris de tous nos maux.

Que faire ?

Devant ce constat, nous nous proposons d’agir ce qui est, après tout, le cœur de la politique.

Faut-il repartir en campagne pour de faux et penser à 2022 en se rasant ? Faut-il battre le pavé tous les jours et défiler Bastille-Nation en chantant des slogans ? On peut, sans doute, mais tout le monde n’est pas fait pour la campagne permanente.

Ce que l’on vous propose, aujourd’hui, à « C’est Quoi La Gauche », si vous en avez assez de la politique qu’on fait dans les urnes et dans les media, c’est de faire de la politique « dans la vie ». N’attendons pas que le Gouvernement des Dieux (quel qu’il soit) obtienne des résultats, commençons par prendre nos responsabilités de simples mortels et agissons quotidiennement pour améliorer nos vies et celles de ceux qui nous entourent.

Quelques idées pour mettre en pratique, dans sa vie privée sa morale publique, mais n’hésitez pas à les compléter (pour nous écrire c’est ici) :

  • n’oubliez pas que vous êtes des consommateurs, alors soyez avisés, surtout si vous êtes à l’aise financièrement. N’attendez pas que l’Union Européenne ou le Parlement français interdise telle ou telle saloperie : changez vos modes de consommation, soutenez les produits les plus sains, renseignez-vous et votez avec votre porte-monnaie, ils comprendront ;
  • n’oubliez pas que les tomates ne poussent pas en hiver. Ne demandez pas à votre député de voter une nouvelle niche fiscale pour les agriculteurs bio, achetez bio, ou raisonné, ou traditionnel ou que sais-je encore. Ce n’est pas un truc de bourgeois branché des beaux quartiers le bio, du temps de mon grand-père, ça s’appelait simplement l’agriculture vous savez… Là encore, votre porte-monnaie, surtout s’il est bien rempli, est un bulletin de vote et un mégaphone à la fois ;
  • n’oubliez pas que notre sécurité commence par notre propre vigilance collective. Loin de nous l’idée de vous inciter à vous constituer en milice privée servant une justice expéditive et stupide. Mais occupez votre espace immédiat, intéressez-vous à vos voisins, entretenez vos halls d’immeuble. La vie en société et l’entraide sont les premiers remparts contre les accidents quotidiens et la dégradation des conditions de vie ;
  • n’oubliez pas de prendre soin les uns des autres. Jamais un sourire au gars qui fait la manche dans le métro ne remplacera une politique audacieuse de logement des plus démunis, jamais un coup de main pour aider la vieille du 4 ème à monter ses courses ne remplacera le système de retraite qui lui permet de se les payer. Mais aider les plus malheureux, tendre la main, partager ce que l’on a (encore une fois surtout si l’on a beaucoup), c’est aussi être militant. Inutile de voter pour des programmes généreux et humaniste sans essayer d’être chaque jour, soi-même, généreux et humaniste ;
  • n’oubliez pas de trier vos déchets, c’est simple et facile et ça l’air plutôt malin ;
  • n’oubliez pas que pour faire vivre vos centre bourgs, il faut y faire vivre des commerces. Laissez de côté Vente Privée et Amazon et allez donc faire un tour au coin de la rue pour faire vos courses. Avant de signer une pétition pour empêcher la fermeture du café du coin ou de faire grève pour défendre les bureaux de poste, pensez bien que c’est votre fréquentation des services et des commerces de proximité qui les font vivre ;
  • n’oubliez pas que vos salariés sont des êtres humains et n’oubliez pas que votre patron est un être humain. Des relations de travail franches et de confiance, dans lesquelles on essaye de construire un collectif fait d’obligations et de respect réciproques sont un premier pas. Elles ne remplaceront jamais le Code du Travail, mais l’égalité ne se construit pas uniquement dans la Loi ;
  • n‘oubliez pas que c’est vous qui faites la puissance de Facebook, YouTube, Amazon et Uber, alors si leur attitude vous choque, avant d’écrire à votre député, débranchez, allez prendre l’air et rentrez de soirée à pieds.
Ceci est un bureau de vote.

N’oubliez pas, en somme, que la politique ce n’est pas que le jour du vote, c’est aussi tous les jours.

N’oublions donc pas que nous sommes des consommateurs, des policiers, des assistants sociaux, des voisins et surtout des êtres humains. Ici, à « C’est Quoi La Gauche » nous sommes conscients de la nécessité de disposer de services publics de qualité, nous savons que la société existe pour que chacun n’ait pas à porter seul des fardeaux trop lourds pour lui. Mais nous savons aussi que nous sommes souvent beaucoup plus puissants que nous ne l’imaginons.

N’attendons pas l’Etat, n’attendons pas le bon vouloir des technos ou des Dieux de l’Olympe. Avançons, nous verrons bien s’ils nous rattrapent !

Et quand vous aurez à nous envie d’entendre parler de politique, revenez nous lire !

Fantassin, flemmard en pause à « C’est Quoi La Gauche ».

 

 

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